Rentrée littéraire : l’esthétique de la lutte

Les maitres du printemps de Isabelle Stibbe ed. Serge Safran 17,90€
Les maitres du printemps de Isabelle Stibbe ed. Serge Safran 17,90€

Un métallurgiste. Un artiste. Un député. Trois hommes que tout sépare se retrouvent au coeur du combat pour sauver le dernier haut-fourneau d’Aublange, en Lorraine. Les parcours s’entrecroisent, les espoirs grandissent. Face à laideur sociale, la beauté n’est jamais loin. Notamment dans le spectacle grandiose de la fonte en fusion, la solidarité à l’oeuvre ou une naissance à venir… Inspiré par la fermeture des hauts-fourneaux de Florange, ce roman est l’histoire d’une lutte collective et héroïque pour préserver son humanité face à la logique implacable de la finance.
Un texte magistral qui réjouira les lecteurs de Hugo, Zola, Vailland ou Aragon…

Lip, des héros ordinaires de Laurent Galandon, Damien Vidal ed. Dargaud 19,90€
Lip, des héros ordinaires de Laurent Galandon, Damien Vidal ed. Dargaud 19,90€

D’avril 1973 à mars 1974, à Besançon, les salariés de LIP vont s’opposer aux licenciements et au démantèlement de leur entreprise voulus par les actionnaires, décisions insidieusement soutenues par le gouvernement. Ordinaires et anonymes, ils vont développer des trésors d’imagination et de courage pour résister au rouleau compresseur d’un capitalisme financier naissant et porter le conflit sur le devant des scènes médiatique et politique, non seulement en France, mais aussi au-delà des frontières. LIP, des héros ordinaires conte ce moment majeur de la lutte ouvrière française à travers le regard et le parcours de Solange, horlogère. Une expérience individuelle nourrie d’une énergie collective qui influencera sa vie de femme, de mère et de travailleuse. Une histoire d’hier qui résonne encore aujourd’hui aux oreilles des Conti, des Fralib et de tous les ouvriers en lutte contre les ravages d’un libéralisme économique sauvage.

C'est possible ! : une femme au coeur de la lutte de Lip, 1973-1974 de Monique Piton ed. L'échapée 22€
C’est possible ! : une femme au coeur de la lutte de Lip, 1973-1974 de Monique Piton ed. L’échapée 22€

En avril 1973, l’entreprise Lip de Besançon, fleuron de l’industrie horlogère française, est rachetée par une multinationale et soumise à un plan de délocalisation entraînant son démantèlement et le licenciement des 1200 employés. Grâce à un Comité d’action qui libère la parole, l’imagination et la créativité de toutes et tous, en lien avec les syndicats, les travailleuses et travailleurs de Lip résistent d’une manière exemplaire, inventant ou réinventant des pratiques de lutte, d’action et de démocratie directes qui trouvent un écho national et international avec le slogan : «On fabrique, on vend, on se paie !» Ils s’emparent du stock de montres, mis en lieu sûr ; celles-ci sont vendues dans toute la France pour leur assurer un salaire. Un restaurant convivial est créé ; des meetings sont organisés, des comités de soutien voient le jour ; une grande marche rassemble 100 000 personnes à Besançon. En janvier 1974, la promesse de reprendre tous les salariés est obtenue et Lip redémarre : c’est la fin du premier conflit. Deux ans plus tard, l’État s’emploie à saborder systématiquement l’entreprise et à briser des vies pour détruire ce symbole de l’autogestion et d’une lutte victorieuse contre les licenciements. Une postface inédite revient sur le second conflit Lip, à partir de 1976. D’avril 1973 à janvier 1974, Monique Piton a tenu le journal de ce combat, publié aux Éditions des femmes en 1975, où elle mêle le récit de cette lutte et sa vie quotidienne. Voici à nouveau disponible ce témoignage passionnant d’une belle aventure collective qui démontre que la crise n’est pas une fatalité.

Johnson m'a tuer : journal de bord d'une usine en lutte de Louis Theilliet ed. Futuropolis 18€
Johnson m’a tuer : journal de bord d’une usine en lutte de Louis Theilliet ed. Futuropolis 18€

Acteur et témoin, « face au réel, crayon à la main, les pieds sur terre », Louis Theillier raconte, de l’intérieur, la lutte des ouvriers d’une usine fabriquant des catalyseurs pour les grandes marques de l’automobile. Cette usine, située à Bruxelles, appartient à une multinationale anglaise, emploie des ouvriers belges et elle est menacée de délocalisation en Macédoine. Haute qualification des ouvriers et employés, un groupe bénéficiaire, mais des travailleurs « trop chers », pour reprendre l’antienne de la direction du groupe. Résultat : trois cents personnes sur le carreau, certaines travaillant dans l’usine depuis vingt-cinq ans. C’est l’Europe ultralibérale en marche ! Gérard Mordillat écrit dans sa préface : Johnson m’a tuer est « un livre de protestation. Un livre de colère. Un livre contre l’injustice, la cupidité, la morgue, le cynisme, ces quatre cavaliers de l’Apocalypse du capitalisme. »

Ouvrière de Franck Magloire ed. Points 6€
Ouvrière de Franck Magloire ed. Points 6€

Nicole a 22 ans lorsqu’elle se rend pour la première fois à l’usine Moulinex de Caen. Elle cherche un emploi, n’importe lequel, elle est prête à tout. Elle commence dès le lendemain ses trente années de vie d’usine, jusqu’à la fermeture en 2001. Dans ce livre, elle raconte la routine du travail ouvrier, se moque des rengaines du patronat et des syndicats mais témoigne aussi de la camaraderie et des petits instants heureux qui s’immiscent parmi les longues heures monotones.

Putain d'usine suivi d'Après la catastrophe et Plan social de Jean-Pierre Levaray ed. Agone 8,20€
Putain d’usine suivi d’Après la catastrophe et Plan social de Jean-Pierre Levaray ed. Agone 8,20€

«Tous les jours pareils. J’arrive au boulot et ça me tombe dessus, comme une vague de désespoir, comme un suicide, comme une petite mort, comme la brûlure de la balle sur la tempe. Un travail trop connu, une salle de contrôle écrasée sous les néons – et des collègues que, certains jours, on n’a pas envie de retrouver. On fait avec, mais on ne s’habitue pas. On en arrive même à souhaiter que la boîte ferme. Oui, qu’elle délocalise, qu’elle restructure, qu’elle augmente sa productivité, qu’elle baisse ses coûts fixes. Arrêter, quoi. Qu’il n’y ait plus ce travail, qu’on soit libres. Libres, mais avec d’autres soucis. On a remplacé l’équipe d’après-midi, bienheureuse de quitter l’atelier. C’est notre tour maintenant, pour huit heures. On est installés dans le réfectoire, autour des tasses de café. Les cuillères tournent mollement, on a tous le même état d’esprit et aussi, déjà, la fatigue devant cette nuit qui va être longue.» Ouvrier dans l’agglomération rouennaise, Jean Pierre Levaray ne fait pas secret de son travail d’auteur cherchant à s’évader du monde qu’il décrit : celui de l’exploitation quotidienne du travail posté dans une usine de produits chimiques. Cette réalité qui forge la lutte des classes et la reproduit sans cesse. Putain d’usine constitue une réédition des écrits d’usine de l’auteur, revue et augmentée de la chronique Après la catastrophe et de l’épilogue industriel Plan social.

Fensch - Les hauts-fourneaux ne repoussent pas de André Faber ed. François Bourin 18€
Fensch – Les hauts-fourneaux ne repoussent pas de André Faber ed. François Bourin 18€

Dans son pays, la vallée de la Fensch, les noms des petites villes se prennent pour des anges, et les hauts-fourneaux ne repousseront jamais. Avant de devenir un talentueux graphiste et dessinateur de presse de la région de Metz, André Faber a été ouvrier sidérurgiste. Dans ce récit illustré très personnel, à la fois texte, graphisme mais également maquette conçus par ses soins, il se livre à un témoignage biographique tendre, poétique mais aussi sans complaisance sur cette vallée de la Fensch qui fit rougeoyer le ciel mosellan et inspira Bernard Lavilliers.
Dans Fensch, André Faber marque toute l’ambivalence que l’on peut éprouver lorsque surgit la crise. Une certaine nostalgie pour une industrie impressionnante en voie de disparition, mais également une franche détestation pour celle-ci qui a brisé de nombreuses vies, dont celle de son père.

Germinal d'Emile Zola ed. Flammarion/Gf 3,80€
Germinal d’Emile Zola ed. Flammarion/Gf 3,80€

Zola Germinal À Montsou, dix mille mineurs gémissent sous le poids d’une exploitation toujours plus forte ; parmi eux, Étienne Lantier, qui voudrait voir triompher ses idéaux socialistes. Quand la grève éclate, il en devient le chef, guidant les revendications des ouvriers, les incitant à la fermeté. Bientôt le coron est à court de pain, et la rébellion se durcit… Germinal, animé par un souffle épique, est le grand roman du peuple et de la révolte. Ainsi que l’écrivait Jules Lemaitre en 1885 : « M. Zola a magnifiquement rendu ce qu’il y a de fatal, d’aveugle, d’impersonnel, d’irrésistible dans un drame de cette sorte, la contagion des colères rassemblées, l’âme collective des foules, violente et aisément furieuse… » Dossier . Le laboratoire du romancier . L’origine du roman . Quelques sources de Germinal . Du scandale à l’admiration : réception de Germinal

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :