Penser le livre

Le Corps des libraires - Histoire de quelques librairies remarquables & autres choses de Vincent Puente ed. Bibiotheque 12€
Le Corps des libraires – Histoire de quelques librairies remarquables & autres choses de Vincent Puente ed. Bibiotheque 12€

Le Corps des Libraires est à la fois un livre d’histoire(s) et un guide. On y rencontre des revenants, des livres providentiels, des labyrinthes et des libraires héroïques, quelques personnages pathétiques et bien d’autres anecdotes curieuses. Il lève le voile sur certaines librairies choisies, que les amateurs de livres fréquentent sans tapage comme d’autres visitent des coins à champignons.

Crépuscule des bibliothèques de Virgile Stark ed. Belles lettres 17€
Crépuscule des bibliothèques de Virgile Stark ed. Belles lettres 17€

L’ouvrage traite du remplacement du livre papier par les nouveaux supports numériques, en particulier dans les bibliothèques. Partant de son expérience de bibliothécaire, l’auteur décrit les mutations à la fois techniques et idéologiques qu’il a observées depuis la fin des années 90, tout en montrant en quoi ces mutations lui semblent relever d’une inquiétante démesure technicienne. Il réfléchit notamment aux discours démagogiques qui entourent la « révolution numérique » et analyse les liens qui existent entre cette évolution et l’affaiblissement général de la culture. Tournant en dérision les membres de sa profession qu’il désigne comme les « cyberpompiers », il décrit la fracture qui se crée peu à peu entre les tenants du livre traditionnel et les modernes qui semblent prêts à le sacrifier sans hésitation pour un monde de gadgets. Dans cet affrontement inégal, les défenseurs du papier doivent s’incliner devant les concepteurs d’une « bibliothèque sans livres », dont on voit déjà ça et là les prémisses. Les signes sont maintenant nombreux d’un passage au « Tout numérique », qui annonce un vrai changement de civilisation et un asservissement programmé à la Technique. L’auteur exprime son propre désarroi de professionnel du livre, et de lecteur, face à cet avenir digne de Fahrenheit 451.

Les livres dans l'univers numérique de collectif ed. Documetation Française 14,50€
Les livres dans l’univers numérique de collectif ed. Documetation Française 14,50€

Le numérique est en tout et partout dans notre société. Les livres n’y font pas exception, même s’ils sont imprimés. Depuis plusieurs années, le livre numérique fait d’ailleurs l’actualité. Selon de nombreux professionnels, 2011 devrait voir les  » liseuses  » ou tablettes électroniques conquérir le public français pour la lecture des livres, après avoir séduit celui des États-Unis. Mais, si le numérique est une révolution pour les livres, c’est autant par les modes de production ou les nouveaux supports largement médiatisés que par d’autres transformations, silencieuses, qui ont progressivement opéré : de la création à la lecture en passant par l’édition et la distribution avec de nouveaux modèles économiques.
Tel est l’objectif de l’auteur : décrire et analyser ces transformations, qui suscitent désormais aussi de nouvelles interrogations : qu’en est-il de l’adaptation de la propriété littéraire aux innovations techniques successives ou encore : face aux évolutions socioéconomiques liées à la numérisation de la société, comment gérer l’idée de gratuité ? Quelles régulations mettre éventuellement en place ?

La condition numérique de Jean-François Fogel ed. Points 6,70€
La condition numérique de Jean-François Fogel ed. Points 6,70€

L’Homo sapiens est-il devenu l’Homo numericus ? Pas encore tout à fait…mais c’est peut-être pour bientôt ! En effet, Internet n’est plus seulement un média. Des millions de personnes s’en sont saisies pour le transformer en un espace social et une forme nouvelle de la condition humaine naît de l’accès permanent à ce réseau. L’économie, le social et politique, la culture, la transmission du savoir et même l’idée que nous faisons de la vie sont affectées par l’expérience numérique.
Les auteurs analysent ces bouleversements dans cet essai.

Firmin  - autobiographie d'un grignoteur de livres de Sam Savage ed. Actes sud 7,70€
Firmin – autobiographie d’un grignoteur de livres de Sam Savage ed. Actes sud 7,70€

« Firmin » raconte l’histoire d’un rongeur érudit qui a vu le jour dans les sous-sols d’une librairie de Scollay Square, vieux quartier en péril du Boston des années 1960. Plein d’appétit pour les mots, épris de nourritures spirituelles autant que terrestres, Firmin ne peut communiquer tous ses coups de coeur ni exprimer ses détresses, et voit avec révolte se déliter sa race comme son quartier, cernés par l’incompréhension des hommes et par les mécanismes du profit. Mais la rencontre avec un romancier marginal le sauve du pessimisme ambiant.
Superbe hommage aux valeurs de l’écrit et aux singularités de toutes espèces, l’aventure de Firmin est aussi un fabuleux trait d’union entre littérature, exclusion et résistance.

Le livre, que faire? de collectif ed. La fabrique 12,20€
Le livre, que faire? de collectif ed. La fabrique 12,20€

Au chevet du Livre, on trouve rassemblés toutes sortes de consultants, institutionnels, ministériels et corporatistes. Les enquêtes, colloques et rapports se suivent et se ressemblent : un flot de sollicitude tiède destiné à masquer l’indifférence envers le sort du livre indépendant. Le livre : que faire est un ouvrage collectif écrit par des praticiens. Éditeurs, libraires, diffuseurs ou bibliothécaires, ils sont, comme on dit, dans le même bateau, menacé de collision par le gigantesque paquebot du livre industriel. En s’appuyant sur leur travail de chaque jour, ils montrent ce qui est dès maintenant possible : trouver des modes d’édition sans recourir à des financiers, modifier le droit d’auteur dans le sens du bien commun, redresser les errements de l’aide publique, pousser les bibliothèques à aider les librairies de quartier, éviter la diffusion massive et aveugle, faire de la librairie un lieu de découverte permanente, éviter que les nouvelles technologies ne transforment le monde du livre en un ensemble d’ingénieurs informaticiens et de manutentionnaires. C’est qu’après tant de larmes, le moment est venu de l’optimisme de la volonté.

Lettre historique & politique adressée à un magistrat sur le commerce de la librairie - Son état ancien & actuel, ses règlements, ses privilèges, les permissions tacites, les censeurs, les colporteurs, le passage des ponts & autres objets relatifs à la police littéraire de Denis Diderot ed. Allia 6,20€
Lettre historique & politique adressée à un magistrat sur le commerce de la librairie – Son état ancien & actuel, ses règlements, ses privilèges, les permissions tacites, les censeurs, les colporteurs, le passage des ponts & autres objets relatifs à la police littéraire de Denis Diderot ed. Allia 6,20€

Nous sommes en 1763. L’un des maîtres de la correspondance s’adresse ici à monsieur de Sartine, son vieil ami, alors directeur de la Librairie. Et c’est un véritable plaidoyer pour la défense du Libraire-Éditeur. Il s’interroge d’abord sur le lien entre le commerce et la littérature et décrit avec soin, mais sans la condamner, la transformation de la valeur littéraire en valeur mercantile. Ce faisant, il lie le sort de la littérature à celui de l’édition.
Il plaide en faveur d’un fonds de librairie, celui qui s’écoule lentement, en équilibre avec les ventes plus rapides. Au fil d’une véritable enquête, il démontre par là même au lecteur contemporain que les problèmes qui se posent aujourd’hui au libraire ou à l’éditeur sont loin d’être récents, bien qu’ils se posent aujourd’hui plus que jamais. Cette lettre est aussi, par ailleurs, une passionnante histoire de l’imprimerie en France ainsi que celle de la librairie.
En véritable journaliste, qui plus est lui-même écrivain et éditeur, Diderot délivre là une analyse brillante de ce que l’on appelle les métiers du livre. Et nous surprend par les questions qu’il se pose, sur le rôle de mécénat joué par l’État ou sur le prix du livre… Diderot soulève dans cette lettre au ton relevé des problèmes on ne peut plus d’actualités. Il aborde en effet la facilité avec laquelle un titre se vend grâce au scandale dont il se nourrit ou au contraire les risques pris par l’éditeur.
Mais aussi, bien avant le tout numérique, les problèmes de stockage… Cette lettre incontournable montre combien un penseur des lumières est aussi, nécessairement, un visionnaire.

L'édition sans éditeurs d'André Schiffrin ed. La fabrique 12,20€
L’édition sans éditeurs d’André Schiffrin ed. La fabrique 12,20€

Le livre raconte l’itinéraire d’un homme et l’histoire d’une maison d’édition. La maison, c’est Panthéon Books, fondée en 1941 à New York par des émigrés (dont Jacques Schiffrin, le fondateur de La Pléiade). L’homme, c’est André Schiffrin, qui va faire de Panthéon l’une des plus prestigieuses maisons d’édition américaines, publiant entre autres Foucault, Sartre, Chomsky, Medvedev… Comment il résiste quand Panthéon est racheté par Random House, comment il démissionne avec toute son équipe quand à son tour Random House est rachetée par le tycoon Newhouse, comment il parvient à faire prospérer The New Press, une nouvelle maison à but non lucratif, telle est sa passionnante aventure. À l’heure de la concentration massive de l’édition mondiale (en particulier en France où deux grands groupes publient les deux tiers des livres), L’édition sans éditeurs est un ouvrage révélateur et salutaire, indispensable pour ceux qui considèrent le livre comme autre chose qu’un  » produit  » et souhaitent le maintien d’une édition et d’une librairie indépendantes.

Révolution numérique, révolution culturelle? de Rémy Rieffel ed. Folio 8€
Révolution numérique, révolution culturelle? de Rémy Rieffel ed. Folio 8€

Sommes-nous aujourd’hui les acteurs d’une troisième révolution industrielle, après une première fondée sur l’essor de la machine à vapeur et du chemin de fer, puis une deuxième symbolisée par l’exploitation de l’électricité et du pétrole ? Elles ont en commun de grands réseaux (chemin de fer, électricité, Internet), des innovateurs (James Watt et sa machine à vapeur, Thomas Edison et son empire industriel, Bill Gates et son entreprise Microsoft) et un imaginaire qui annonce la naissance d’une nouvelle humanité. À partir du domaine de la culture (cinéma, photographie, livre, musique, arts, presse, radio, télévision…), Rémy Rieffel prend l’exacte mesure de cette révolution dans les relations à soi-même et aux autres, dans l’accès au savoir ou aux connaissances, dans le rapport à l’information et à l’argumentation. Est-ce une rupture anthropologique de nos sociétés, ou plutôt une nouvelle transformation de nos usages des moyens de communication comme l’humanité en a connu à plusieurs reprises au cours de son histoire ? Simple changement d’échelle ou véritable changement de nature, dans un univers où s’affrontent des valeurs d’émancipation et d’ouverture d’un côté et des stratégies de contrôle et de domination de l’autre ?

Le controle de la parole d'André Schiffrin ed. La fabrique 12,20€
Le controle de la parole d’André Schiffrin ed. La fabrique 12,20€

Il s’agit bien de la suite de « L’Edition sans éditeurs ». Dans ce premier livre, Schiffrin s’appuyait sur sa propre histoire d’« éditeur racheté par un grand groupe » pour en tirer des enseignements valables non seulement pour les États-Unis, mais pour tous les pays « occidentaux ». Cette fois-ci, pour « Le Contrôle de la parole », il met à profit l’année qu’il vient de passer à Paris pour tirer le bilan de l’expérience française récente, non seulement dans l’édition mais aussi dans la presse et les autres médias : l’affaire Vivendi-Editis-Wendel, le rachat du Seuil par La Martinière, le rachat de la Socpresse par Dassault. Ce qui frappe le plus Schiffrin en France, c’est l’atonie des médias, le conformisme du milieu intellectuel, l’absence de débat face à des mutations lourdes de conséquences pour l’avenir.

Le livre traite en seconde partie des bouleversements dans l’édition et les médias anglais et américains, où la concentration est telle qu’il ne reste plus rien à acheter. Elle se poursuit néanmoins, les grands groupes réglant leur compte aux petites maisons intellectuelles rachetées – toujours dans l’idée d’accroître le taux de rentabilité, critère ultime.

Pour finir, Schiffrin émet quelques propositions pour sortir de la terrible situation qu’il a décrite. Utopiques si l’on veut, mais on voit bien où mène la realpolitik des conglomérats internationaux des médias.

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